VTT avec les zèbres à Mlilwane
Le zèbre n’a pas bougé
On a loué des vélos au camp principal de Mlilwane — deux VTT hardtail basiques, bien entretenus, dans un rack à côté de la cuisine commune. Le tarif de location était modeste. Le membre du personnel qui nous les a remis a donné les informations de piste en quelques mots : la boucle principale est balisée, les boucles courtes s’embranchent sur la longue, rester sur les sentiers (c’est un sanctuaire faunique, pas un parcours de golf), donner de l’espace aux animaux, ne pas s’approcher des hippos à pied.
Le sanctuaire faunique de Mlilwane dans la vallée d’Ezulwini en Eswatini est une réserve sans prédateurs. Pas de lions, pas de léopards, pas de guépards. C’est cette condition précise qui rend la chose inhabituelle possible : marcher et pédaler en autonomie dans le sanctuaire, en présence de la faune, sans le risque que comportent ces activités dans les réserves avec prédateurs.
La boucle principale fait environ quatorze kilomètres, entre quatre-vingt-dix minutes et deux heures et demie selon le rythme, le terrain, et la fréquence des arrêts. Les cinq premiers kilomètres traversent le fond de la vallée à travers une forêt d’acacias ouverte et une prairie. Puis la piste monte le flanc est du mont Nyonyane par un chemin rocheux et une lande de montagne ouverte jusqu’à une crête avec vue.
Les zèbres broutaient en groupe de sept à environ trente mètres du sentier, têtes baissées, totalement indifférents. On a ralenti au pas. Deux zèbres ont levé la tête et regardé. On est passés à environ quatre kilomètres-heure. Ils ont recommencé à brouter.
C’est ça, l’expérience du VTT à Mlilwane : le quotidien ordinaire de pédaler un sentier, entrecoupé régulièrement d’animaux vaquant à leurs occupations ordinaires d’animaux. Il y a une qualité spécifique dans la rencontre avec la faune à la vitesse d’un vélo plutôt qu’en véhicule — on arrive sans bruit de moteur, sans la signature visuelle d’une grande voiture, et avec une proximité physique qu’un véhicule de game drive ne peut pas atteindre dans un contexte sans prédateurs.
La section des phacochères
La partie médiane de la longue boucle traverse une prairie qui est le territoire de broutage préféré de la population de phacochères de la réserve. Les phacochères sont, par tempérament, parmi les grands mammifères les plus excitables de la brousse sud-africaine. Quand ils sont alarmés, ils lèvent leur queue verticalement — ce comportement en antenne qui leur donne une dignité comique — et trottent à une vitesse qui paraît insuffisante mais couvre du terrain de façon surprenante.
Plusieurs familles de phacochères utilisaient la piste elle-même comme chemin quand on est arrivés au milieu de la longue boucle. On a ralenti. La famille — deux adultes et trois petits de ce qui semblait être la portée de l’année — s’est écartée de la piste au petit trot mais n’a bougé qu’à une vingtaine de mètres dans l’herbe, où elle s’est arrêtée pour nous regarder passer avec une expression difficile à décrire sans anthropomorphisme mais qui traduisait une alarme de faible intensité plutôt que de la vraie peur.
Le point de vue
La crête de Nyonyane à environ 650 mètres d’altitude regarde sur toute la vallée d’Ezulwini : la Lusushwana River scintillant en bas, le domaine du palais royal (non accessible aux visiteurs) dans le fond de la vallée, la zone humide de Mlilwane où les hippos sont visibles comme des masses gris-brun dans l’eau depuis cette hauteur, et l’escarpement du Drakensberg sur la frontière sud-africaine à l’ouest.
En décembre, début de l’été en Eswatini, la vallée était entièrement verte et la lumière de l’après-midi — on a atteint le point de vue vers 15h30 — penchait dorée depuis l’ouest. On a mangé le déjeuner qu’on avait emporté. Une paire de vervets est venue à trois mètres et a affiché la calibration précise d’animaux qui ont appris que les cyclistes transportent parfois de la nourriture mais n’en sont pas des sources fiables.
Ce qu’est vraiment l’expérience VTT à Mlilwane
La version honnête : le sentier n’est pas techniquement exigeant. Il serait côté bleu ou noir facile sur un système de trails européen. La pratique du vélo elle-même est agréable mais n’est pas la raison de le faire. La raison de le faire, c’est l’expérience spécifique de traverser un paysage habité par la faune à un rythme et une proximité que les véhicules ne peuvent pas offrir dans aucune réserve avec prédateurs, et que les randonnées guidées ne peuvent pas offrir sur une distance significative.
C’est aussi très bon marché, très accessible depuis la vallée d’Ezulwini, et disponible sans réservation préalable. Pour un visiteur passant un ou deux jours en Eswatini, deux heures sur les sentiers de Mlilwane figurent parmi les expériences les plus insolites disponibles sur le continent.
L’aventure de randonnée de trois jours en Eswatini couvre Mlilwane et s’étend jusqu’à Sibebe Rock et Malolotja pour les visiteurs souhaitant une expérience outdoor multi-jours plus substantielle dans le royaume.